Accompagner un proche en perte d’autonomie, en situation de handicap ou confronté à la maladie demande du temps, de l’énergie et une grande disponibilité. Entre les démarches administratives, l’organisation du quotidien et les préoccupations pour l’avenir, les responsabilités peuvent progressivement prendre beaucoup de place. Au point, parfois, de négliger ses propres besoins.
Pour sensibiliser les proches aidants à ces enjeux, Vitalliance propose régulièrement des webinaires qui leur sont dédiés. Après quatre premiers rendez-vous consacrés à l’identification du rôle d’aidant, aux ressources disponibles, à la charge mentale et à la manière de reprendre la main sur son quotidien, ce cinquième webinaire, organisé le 23 octobre 2026, abordait un sujet essentiel : prendre soin de sa santé mentale lorsqu’on accompagne un proche.
Aux côtés de Colombine de Sarrau, de l’association Avec Nos Proches, les participants ont pu mieux comprendre les répercussions de l’aidance et découvrir des pistes pour préserver leur équilibre, à leur rythme.
Proches aidants : reconnaître les effets de la charge mentale
Un proche aidant est une personne qui apporte régulièrement son aide à un proche fragilisé par l’âge, la maladie ou le handicap. Ce rôle peut prendre des formes très différentes, selon les besoins de la personne accompagnée et la situation de chacun.
Au-delà des tâches visibles, comme les courses, les rendez-vous ou les démarches administratives, une grande partie du travail repose sur des responsabilités moins perceptibles : anticiper les besoins, coordonner les intervenants, prendre des décisions, se préoccuper de l’évolution de la situation ou chercher des solutions en permanence.
Cette charge mentale peut continuer à occuper l’esprit même pendant les moments de repos. Elle s’accompagne parfois d’un sentiment de devoir toujours en faire davantage, de culpabilité lorsqu’on prend du temps pour soi ou de difficultés à déléguer.
Les émotions font également partie de cette réalité. L’amour et le sentiment de responsabilité peuvent coexister avec la fatigue, la tristesse, la frustration ou la colère. Ces ressentis ne signifient pas que l’on aime moins son proche. Ils peuvent signaler que certains besoins ne sont plus satisfaits ou que les limites personnelles sont mises à l’épreuve.
Lorsque les responsabilités s’accumulent, les répercussions peuvent se manifester de différentes manières : fatigue persistante, troubles du sommeil, irritabilité, isolement ou difficultés à préserver sa vie personnelle. Il est donc important de ne pas minimiser ces signaux, sans pour autant considérer chaque émotion difficile comme le signe d’un trouble psychique.
Le témoignage d’une aidante : quand on finit par s’oublier
Lors du webinaire, Marie-Christine a partagé son expérience de dix années auprès de ses deux parents. Son père était atteint de la maladie de Charcot et sa mère de la maladie d’Alzheimer. Elle a progressivement pris en charge une grande partie de leur quotidien, de la coordination des intervenants aux tâches domestiques et à certains gestes liés à leurs soins.
Cet investissement a profondément modifié sa vie. Son travail a été mis entre parenthèses pendant un an, ses relations sociales se sont distendues et elle a ressenti un isolement grandissant. Elle décrit cette période comme un « tunnel », dans lequel il devenait difficile de prendre du recul sur sa situation.
C’est notamment grâce à un échange avec une autre personne qu’elle a pris conscience de la nécessité d’agir pour préserver sa santé. Elle a alors consulté son médecin, évoqué ses difficultés à dormir, à s’alimenter et son irritabilité, puis engagé un suivi psychologique.
Son parcours rappelle qu’il peut être difficile de mesurer soi-même l’épuisement qui s’installe progressivement. Reconnaître ses difficultés et accepter d’être aidé sont des étapes importantes pour retrouver un équilibre.
Comment préserver sa santé mentale quand on est aidant ?
Prendre soin de soi ne signifie pas se détourner de son proche. Il s’agit plutôt de reconnaître que sa propre santé compte également et qu’elle mérite une attention régulière. Il n’est pas nécessaire de tout changer d’un coup : quelques ajustements peuvent constituer un premier pas.
Repérer ses besoins et écouter les signes de fatigue. Le sommeil, l’alimentation, les moments de repos, les relations sociales ou encore les activités personnelles participent à l’équilibre quotidien. Identifier ce qui manque permet de mieux comprendre ce qui devient difficile à supporter. Une fatigue qui persiste, des nuits perturbées ou une irritabilité inhabituelle méritent notamment d’être prises au sérieux.
S’accorder de courtes pauses. Il n’est pas toujours possible de prévoir une journée entière pour soi. En revanche, un café au calme, quelques minutes de respiration, une promenade ou un rendez-vous personnel peuvent permettre de souffler. L’enjeu est de trouver des moments réalistes et adaptés à sa situation, sans se fixer de nouvelles obligations difficiles à tenir.
Partager les responsabilités et exprimer ses limites. Solliciter l’entourage, demander un relais ou expliquer clairement ses besoins peut aider à ne pas tout assumer seul. Déléguer suppose parfois d’accepter que les choses soient faites autrement. Il est également possible de se tourner vers des professionnels, des associations ou son médecin pour parler de ses difficultés et identifier les soutiens adaptés.
Se faire accompagner lorsque cela devient nécessaire. Si le sentiment d’épuisement s’installe ou que le quotidien devient trop difficile à gérer, en parler à un professionnel de santé constitue une démarche utile. Des associations proposent également des ressources destinées aux proches aidants, comme des formations, des outils pour faire le point sur ses besoins ou des espaces d’échange entre personnes qui vivent des situations similaires.
L’essentiel est d’avancer à son rythme. Les solutions ne sont pas les mêmes pour tous et doivent tenir compte de la réalité de chaque situation.
Des échanges autour des solutions concrètes du quotidien
Le temps de questions-réponses a permis aux participants de partager leurs expériences et d’évoquer les solutions qui peuvent faciliter le quotidien des proches aidants.
Plusieurs témoignages ont notamment souligné l’importance de répartir les responsabilités et d’organiser des relais au sein de l’entourage. L’un des participants a expliqué comment sa famille se mobilisait pour accompagner sa mère, en partageant les présences et en lui permettant de s’accorder des moments de répit, notamment en sortant avec son épouse. Une organisation qui lui permettait de souffler tout en veillant à ce que sa mère continue de bénéficier d’une présence adaptée à ses besoins.
Les échanges ont aussi permis de rappeler qu’il est possible de solliciter différents professionnels pour compléter l’aide apportée par la famille. Les services de soins infirmiers à domicile (SSIAD) peuvent notamment intervenir pour des soins infirmiers et d’hygiène, tandis que l’hospitalisation à domicile (HAD) peut prendre en charge certains soins médicaux au domicile, selon la situation. Ces interventions peuvent s’inscrire en complément de l’aide à domicile, en fonction des besoins de la personne accompagnée.
Enfin, les participants ont évoqué les difficultés à identifier les aides financières et les dispositifs adaptés à leur situation. Selon les besoins, différents interlocuteurs peuvent les renseigner et les accompagner dans leurs démarches, notamment le Conseil départemental, la MDPH, le CCAS ou les services sociaux. Se faire accompagner dans ses recherches permet de mieux connaître ses droits et les solutions existantes.
Ces échanges ont illustré une idée essentielle : il existe différents relais pour accompagner un proche, et il est important de ne pas rester seul face aux responsabilités.
Comment Vitalliance accompagne aussi les proches aidants
Chez Vitalliance, l’accompagnement à domicile concerne également l’équilibre de l’entourage. Les besoins du proche aidant peuvent évoluer au fil du temps et méritent d’être pris en compte dans les échanges autour de la situation de la personne accompagnée.
C’est dans cette démarche que Vitalliance organise des webinaires consacrés aux préoccupations des aidants. Ce cinquième rendez-vous, animé par Colombine de Sarrau, de l’association Avec Nos Proches, a permis d’aborder la santé mentale, les mécanismes de la charge mentale et les moyens de préserver son équilibre.
Vitalliance met également à disposition des proches aidants concernés une ligne d’écoute dédiée, en partenariat avec Avec Nos Proches. Ce dispositif permet d’échanger avec un ancien aidant bénévole formé à l’écoute, dans un cadre centré sur le vécu et les besoins de la personne qui appelle.
Les équipes Vitalliance peuvent par ailleurs échanger avec les proches aidants sur leur quotidien, les besoins de leur proche et les difficultés rencontrées. Selon la situation, elles peuvent examiner les possibilités d’adapter l’organisation de l’accompagnement à domicile ou d’envisager des relais lorsque cela est possible.
L’objectif est de ne pas laisser les difficultés s’installer sans dialogue et de rechercher, avec les personnes concernées, des solutions adaptées à leur réalité.
Être proche aidant ne signifie pas devoir tout porter seul. Reconnaître ses limites, préserver des moments pour soi et solliciter du soutien sont des démarches légitimes. Les besoins de l’aidant comptent eux aussi.
Vous accompagnez un proche au quotidien et souhaitez échanger sur votre situation ? Contactez votre agence Vitalliance pour faire le point sur vos besoins et les solutions qui pourraient être envisagées.