La prestation de compensation du handicap (PCH) est une aide financière versée par le département destinée à compenser les surcoûts liés au handicap. Elle vise à favoriser l’autonomie, la participation sociale et le maintien à domicile. Selon la situation et le plan de compensation validé par la MDPH, la PCH peut financer plusieurs catégories de dépenses : aide humaine à domicile, aides techniques, aménagement du logement, transport, charges spécifiques ou exceptionnelles et aide animalière.
Cette page présente la liste des dépenses prises en charge par la PCH avec des exemples concrets.
L'aide humaine
L’aide humaine de la PCH consiste à rémunérer une tierce personne (salariée ou non) pour accompagner la personne handicapée dans les actes de la vie quotidienne, la vie sociale, la parentalité, etc.
Les actes essentiels du quotidien
Cette aide couvre les interventions d’un Auxiliaire de Vie pour des gestes tels que :
- la toilette
- l’habillage
- la préparation et la prise des repas
- les déplacements dans le logement
- la surveillance pour prévenir les chutes ou accidents
- le soutien à l’autonomie (organisation des journées, planification)
Exemple : une personne atteinte d’un handicap moteur sévère, grâce à la PCH, peut faire appel à un Auxiliaire de Vie à domicile pour l’aider deux fois par jour : une fois le matin pour la toilette et l’habillage, une fois le soir pour la préparation du repas, ou encore l’aide au coucher.
L'aide à la vie sociale
La PCH peut financer des heures d’aide humaine pour les déplacements à l’extérieur du domicile :
- rendez-vous médicaux
- activités culturelles ou sportives
- sorties sociales
- démarches administratives
Exemple : un jeune adulte en fauteuil roulant souhaitant participer à des ateliers culturels peut avoir une aide deux fois par semaine pour l’amener, participer à l’atelier, puis le ramener à son domicile.
L’aide à la parentalité
La PCH peut également financer une aide humaine pour les parents en situation de handicap, notamment pour :
- la toilette de l’enfant
- la préparation des repas
- l’accompagnement aux activités
- la surveillance
- les moments d’éveil
Exemple : une mère en situation de handicap moteur peut bénéficier d’une aide rémunérée pour participer activement à la vie quotidienne de son enfant : l’Auxiliaire de Vie vient l’aider à donner le bain à l’enfant, lui donner son déjeuner, etc.
Les différents modes d’intervention possibles d'une aide humaine
Il existe plusieurs modalités pour bénéficier de l’aide humaine via la PCH :
- Emploi direct d’un Auxiliaire de Vie : la personne en situation de handicap emploie directement l’intervenant (salarié) en tant qu’employeur.
- Entreprise d’aide à domicile prestataire ou mandataire : faire appel à une agence d’aide à domicile professionnelle (service prestataire) ou via un service mandataire pour lequel l’agence aide à la gestion administrative, mais la personne aidée reste l’employeur.
- Aidant familial : il peut s’agir d’un proche (non salarié) qui reçoit une compensation via la PCH pour le temps passé à aider.
L'aide technique
La PCH peut financer l’achat, la location, l’entretien ou la réparation d’équipements destinés à compenser le handicap, notamment :
- fauteuil roulant manuel ou électrique
- lit médicalisé
- prothèses et orthèses
- appareils auditifs
- aides à la communication
- dispositifs électroniques adaptés
Exemple : une personne malentendante peut solliciter la PCH pour l’achat d’un système de communication adapté. Une personne en fauteuil peut obtenir la prise en charge d’un fauteuil électrique ainsi que son entretien.
L’aide technique est généralement plafonnée à 13 200 € sur une période de 10 ans pour les équipements inscrits sur la liste des produits et prestations remboursables (LPPR).
L'aide à l'aménagement du logement
La PCH peut couvrir les travaux nécessaires pour rendre le logement accessible et sécurisé :
- installation d’une douche accessible
- pose de barres d’appui
- élargissement des portes
- installation d’une rampe d’accès
- adaptation des sols
- installation d’un élévateur ou d’un ascenseur
Exemple : une famille ayant un enfant en fauteuil roulant peut faire installer une rampe d’accès et adapter une chambre au rez-de-chaussée pour faciliter la circulation.
La prise en charge est généralement limitée à 10 000 € sur 10 ans :
- 100 % pour les travaux jusqu’à 1 500 €
- 50 % au-delà de 1 500 €
La PCH peut également financer des frais de déménagement vers un logement accessible, dans la limite de 3 000 € sur 10 ans.
L'aide à la mobilité et au transport
Aménagement du véhicule
La PCH aide à financer :
- les adaptations du poste de conduite,
- l’installation d’un hayon élévateur,
- le système d’arrimage d’un fauteuil,
- l’accès au véhicule.
Exemple : une personne en fauteuil roulant peut financer l’installation d’un système d’accélérateur au volant pour conduire en autonomie.
Surcoûts liés aux déplacements
La PCH peut également compenser les frais supplémentaires liés au handicap pour les déplacements :
- taxis adaptés
- transports spécialisés
- trajets réguliers pour soins
- déplacements nécessitant un accompagnement
Exemple : prise en charge partielle des trajets en taxi adapté pour se rendre deux fois par semaine en centre de rééducation.
L'aide animalière : chiens guides et chiens d’assistance
La PCH peut financer l’acquisition ou l’éducation d’un chien guide ou d’un chien d’assistance, ainsi que les frais liés à son entretien :
- nourriture
- frais vétérinaires
- matériel spécifique
- renouvellement de l’équipement
Exemple : une personne malvoyante peut demander la prise en charge de l’éducation d’un chien guide.
La prise en charge peut atteindre 6 000 € sur une période de 10 ans, sous réserve que le chien provienne d’un centre labellisé.
Les charges spécifiques et exceptionnelles
La PCH peut également couvrir des dépenses directement liées au handicap qui ne relèvent pas des autres catégories.
Charges spécifiques
Dépenses régulières liées au handicap, par exemple :
- protections urinaires
- entretien du matériel
- abonnement téléassistance
- fournitures spécifiques
Prise en charge généralement à 75 % dans la limite de 100 € par mois.
Charges exceptionnelles
Dépenses ponctuelles, par exemple :
- réparation d’un fauteuil roulant
- remplacement d’une batterie
- matériel spécifique non prévu initialement
Prise en charge généralement à 75 % dans la limite de 6 000 € sur 10 ans.