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PCH : quelles dépenses peuvent être prises en charge ?

La prestation de compensation du handicap (PCH) est une aide financière versée par le département destinée à compenser les surcoûts liés au handicap. Elle vise à favoriser l’autonomie, la participation sociale et le maintien à domicile.

Selon la situation, la PCH peut financer de nombreux besoins : aide humaine, aides techniques, aménagement du logement, véhicule, transports, mais aussi des charges spécifiques ou exceptionnelles et des frais liés aux chiens d’assistance.

L'aide humaine

L’aide humaine de la PCH consiste à rémunérer une tierce personne (salariée ou non) pour accompagner la personne handicapée dans les actes de la vie quotidienne, la vie sociale, la parentalité, etc.

Aide aux actes essentiels de la vie quotidienne des personnes en situation en handicap

Cette aide couvre les interventions d’un Auxiliaire de Vie pour des gestes tels que :

  • la toilette, l’habillage, la prise des repas, la vaisselle, etc.
  • la surveillance : par exemple, pour une personne qui a besoin d’être encadrée pour éviter des chutes ou des accidents, une aide humaine peut être prévue jusqu’à 3 heures par jour, sous forme de « crédit temps capitalisé » sur une base annuelle.
  • le soutien à l’autonomie : cela peut être de l’aide pour organiser ses journées, gérer son temps, planifier des sorties…

Cas concret : une personne atteinte d’un handicap moteur sévère, grâce à la PCH, peut faire appel à un Auxiliaire de Vie à domicile pour l’aider deux fois par jour : une fois le matin pour la toilette et l’habillage, une fois le soir pour la préparation du repas, ou encore l’aide au coucher. 

L'aide à la vie sociale

La PCH peut également financer l’accompagnement lors de déplacements à l’extérieur du domicile : des heures d’aide humaine peuvent être prises en charge pour accompagner la personne handicapée lors de rendez-vous médicaux, des sorties culturelles, loisirs ou activités associatives.

Cas concret : un jeune adulte en fauteuil roulant souhaitant participer à des ateliers culturels peut avoir une aide deux fois par semaine pour l’amener, participer à l’atelier, puis le ramener à son domicile.

Aide à la parentalité

La PCH prend aussi en compte les besoins des personnes handicapées ayant des enfants : elle peut financer une aide humaine pour l’accomplissement des actes essentiels aux besoins de l’enfant comme la préparation des ses repas, sa toilette, sa surveillance, des moments d’éveil, etc.

Cas concret : une mère en situation de handicap moteur peut bénéficier d’une aide rémunérée pour participer activement à la vie quotidienne de son enfant : l’Auxiliaire de Vie vient l’aider à donner le bain à l’enfant, lui donner son déjeuner, etc.

Les différents modes d’intervention possibles d'une aide humaine

Il existe plusieurs modalités pour bénéficier de l’aide humaine via la PCH :

  • Emploi direct d’un Auxiliaire de Vie : la personne en situation de handicap emploie directement l’intervenant (salarié) en tant qu’employeur. 
  • Entreprise d’aide à domicile prestataire ou mandataire : faire appel à une agence d’aide à domicile professionnelle (service prestataire) ou via un service mandataire pour lequel l’agence aide à la gestion administrative, mais la personne aidé reste l’employeur.
  • Aidant familial : il peut s’agir d’un proche (non salarié) qui reçoit une compensation via la PCH pour le temps passé à aider.

L'aide technique

La PCH finance l’achat, la location, l’entretien ou la réparation d’équipements destinés à compenser le handicap, comme notamment : 

  • les fauteuils roulants manuels ou électriques,
  • les appareils auditifs ou systèmes de communication,
  • les prothèses et orthèses,
  • les aides à la vision ou dispositifs électroniques.

Cas concret :

  • Une personne malentendante peut solliciter la PCH pour l’achat d’un appareil de communication en langue des signes ou un boîtier d’amplification.
  • Une personne en fauteuil peut demander la prise en charge d’un fauteuil roulant électrique, ainsi que son entretien (batterie, réparations).

Les plafonds de l’aide technique : l’aide technique est plafonnée à 13 200 € sur une période de 10 ans si l’équipement figure sur la liste des produits et prestations remboursables (LPPR) de la Sécurité sociale. Sinon, le taux est différent.
Il est également possible de cumuler la PCH avec d’autres financements selon les dispositifs. 

L'aide à l'aménagement du logement

La PCH peut couvrir les travaux nécessaires pour rendre le logement accessible et fonctionnel, comme : 

  • l’installation d’une douche accessible (douche à l’italienne, barre de maintien, siège de douche)
  • la pose de rampes d’accès (pour fauteuil roulant)
  • l’installation d’un ascenseur ou d’un élévateur dans un immeuble ou à l’intérieur du logement
  • l’adaptation des portes, des interrupteurs, des sols pour faciliter la mobilité, etc.

Cas concret : une famille ayant un enfant en fauteuil roulant peut faire installer une rampe d’accès à l’entrée de la maison et agrandir une chambre au rez-de-chaussée pour rendre la circulation possible en fauteuil. Ces travaux peuvent être partiellement ou complètement pris en charge selon le plafond.

Les plafonds de l’aménagement du logement : 

Pour des travaux jusqu’à 1 500 €, la prise en charge peut être à 100 %, dans la limite de 10 000 € sur 10 ans.

  • Pour des travaux supérieurs à 1 500 €, le taux de prise en charge passe à 50 %, toujours avec la même limite de 10 000 € sur 10 ans.
  • En cas de déménagement vers un logement accessible (parce qu’adapter l’ancien est trop coûteux), la PCH peut aussi couvrir des frais de déménagement jusqu’à 3 000 € tous les 10 ans.

L'aide à la mobilité

La PCH peut aussi prendre en charge l’aménagement du véhicule et les surcoûts de transport liés au handicap, comme le financement.

Aménagement du véhicule

La PCH aide à financer :

  • les adaptations du poste de conduite,
  • l’installation d’un hayon élévateur,
  • le système d’arrimage d’un fauteuil,
  • l’accès au véhicule.

Cas concret : si une personne en fauteuil roulant souhaite conduire, la PCH peut financer l’installation d’un système d’accélérateur au volant avec boule de volant, pour un coût total de, par exemple, 7 000 €. Grâce à la PCH, elle pourrait obtenir une subvention partielle ou totale selon ses ressources.

Surcoût liés aux déplacements

La PCH peut compenser les frais supplémentaires liés :

  • aux taxis adaptés,
  • aux déplacements nécessitant l’aide d’un tiers,
  • aux trajets réguliers pour soins ou activités sociales.

Cas concret : prise en charge partielle des trajets en taxi adapté pour se rendre deux fois par semaine à un centre de rééducation.

L'aide animalière : chiens guides et chiens d’assistance

La PCH peut aider à financer :

  • l’acquisition ou l’éducation d’un chien guide,
  • les frais d’entretien (nourriture, vétérinaire, matériel),
  • les frais liés à un chien d’assistance (mobilité, autonomie, épilepsie, etc.).

Cas concret : une personne malvoyante peut demander une PCH pour financer l’éducation d’un chien guide. Si elle obtient un taux plein, les dépenses peuvent être remboursées dans la limite de 6 000 € pour 10 ans. 

Les autres types de prises en charge de la PCH

La prestation de compensation du handicap couvre aussi des charges spécifiques ou exceptionnelles qui ne rentrent pas dans les catégories précédentes.

Charges spécifiques (dépenses récurrentes) par exemple : 

  • achat de protections urinaires,
  • abonnement téléassistance.

Charges exceptionnelles (dépenses ponctuelles) par exemple : 

  • réparation d’un matériel médical,
  • remplacement d’une batterie onéreuse.

Quels sont les conseils pour obtenir la prestation de compensation du handicap ?

La PCH peut couvrir une grande partie des dépenses liées au handicap. L’évaluation de la prise en charge se fait par la MPDH, en fonction de la demande et des besoins de la personne en situation de handicap. Pour maximiser ses chances d’obtenir la PCH dans les meilleurs délais, nous recommandons : 

  1. Documentez vos besoins (devis, factures, bilans d’ergothérapeute).
  2. Coordonner la demande avec la MDPH : impliquer les professionnels (Auxiliaires de Vie, ergothérapeutes, médecins, associations) dans l’évaluation des besoins.
  3. Vérifiez les plafonds en vigueur avant dépôt du dossier.

En cas de doute, les équipes de la MDPH, de la CAF, les services sociaux, les associations spécialisées ainsi que les nos équipes Vitalliance peuvent vous aider à constituer un dossier solide.

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